Aral, la vie après la mer

aral

Synopsis

Ce documentaire est basé sur des interviews de personnes (de tous milieux et classes d'âge) vivant sur les anciennes rives de la mer d'Aral, au Kazakhstan, actuellement asséchée à 90%. Les personnes racontent leurs modes de vie d'antan et comment ils ont dû s'adapter pour continuer à vivre (changement de travail, de train de vie, d'habitude hygiénique et alimentaire, etc).

Dès 1960, l’URSS veut exploiter les terres vierges du Kazakstan et se lance dans la production de coton à grande échelle. Des dérivations et pompages excessifs sont réalisés dans les deux principaux émissaires de la mer, l’Amou Daria et le Syr Daria. En 40 ans, l’Aral perd les deux tiers de sa superficie et se retrouve fortement pollué par les pesticides et autres produits chimiques. Des conséquences économiques, sociales, écologiques et sanitaires en découlent : sur le plan économique, la pêche, principale activité des populations locales vivant au bord de la mer, à virtuellement disparue. Beaucoup ont changé de métier ou sont partis. 80% de ceux qui sont restés sont au chômage. Le transport de marchandise sur la mer est devenu inexistant. Sur le plan social,  l'altération des modes de vie, de la culture et des traditions, toutes liées à la mer d’Aral, sont une souffrance pour un grand nombre de personnes, à laquelle se rajoute une augmentation conséquente de la pauvreté.

D'un point de vue écologique, on observe de lourds dérèglements climatiques (températures déréglées, pluviométrie diminuées), une perte de biodiversité (faune, flore …), et globalement un écosystème en cours de destruction. Sur le plan sanitaire, enfin, des maladies sont provoquées par les pesticides accumulés sur les sédiments et qui sont dispersés par les tempêtes de vent. Cancer, tuberculose, maladies respiratoires, malformations se développent depuis 40 ans.

Le film évoque des solutions. Un barrage séparant la petite mer d'Aral au nord du restant du lac pourrait permettre au Syr Daria de remplir à nouveau la partie nord et au port d’Aralsk de revivre. (La Banque mondiale a accordé des prêts entre 2003 et 2007 au gouvernement Kazakh afin de réaliser ce projets. En 2005 un barrage a été construit). On a aussi envisagé de transférer de l’eau de la mer Caspienne vers la mer d’Aral via un canal mais ce projet jugé trop couteux a été abandonné.

Evaluation

Le film est un bon documentaire sur les conséquences de l’assèchement de la mer d’Aral. En particulier sur la vie des populations locales après ce désastre, au début des années 2000. Le film est prenant et émouvant, avec toutefois des lenteurs dues à la multiplication des témoignages, qui représentent la quasi-totalité du film.

Le documentaire date de 2002. Certaines informations ne sont plus à jour. Aujourd’hui, l’assèchement de la mer d’Aral et ses conséquences se sont aggravées mais le remplissage progressif de la 'petite mer' redonne de l'espoir à la partie Kazakh de l'ancienne rive du lac.

Les témoignages sont limités aux victimes de la disparition de la mer et ne s'étendent pas aux populations de l'amont qui ont profité de la ressource en eau.

Les témoignages des habitants sont centrés sur des comparaisons entre leur vie passée et leur vie actuelle. Beaucoup émettent l'espoir que la mer revivra et que la vie redeviendra prospère.

Ce film est intéressant pour sa description des multiples conséquences dramatiques de l'assèchement de la Mer d'Aral et sa dimension humaine et environnementale, mais aurait gagné à aussi mieux expliciter les causes de ce désastre et pourquoi on n'a su ni le prévoir ni l'atténuer quand il en était encore temps.

Contributions de Etienne Desforet et Baptiste Guilloteau

 

 

 

 

 

 

 

Additional Info

  • Director: undefined
  • Producer: Maurizio Giuliani / Serge Villat
  • Language: Français
  • Year: 2002
  • Duration (min): 62
  • Theme: Water scarcity, Environmental degradation, Water quality, pollution, Fisheries
  • Access: Free
  • Country: Central Asia
  • Technical quality (star): Technical quality (star)
  • Academic interest (star): Academic interest (star)
  • Societal interest (star): Societal interest (star)
  • Technical quality: 3
  • Academic quality: 3
  • Social interest: 5