H2Woe. India's water crisis: a warning to the world

H2wOe

Synopsis

Ce documentaire traite de la crise de l’eau traversée par le Pendjab, une région agricole du nord de l’Inde. Plusieurs cas et témoignages montrent en quoi le manque d’eau est devenu le principal problème des habitants et dirige leur vie.

Un village, comme de nombreux autres, dépend de camions citernes pour son alimentation en eau. L’eau livrée est rationnée et son prix est exorbitant pour les habitants.

Une retenue d’eau collective n’est plus suffisamment remplie, cela par manque de pluies suite à des mauvaises moussons, mais aussi à cause de l’augmentation des usages agricoles individuels en amont, qui ont détourné l’eau. Dans un autre village, présenté en fin du documentaire, ce type de retenue garantie un accès minimum à l’eau. Un représentant associatif plaide en faveur de ces systèmes traditionnels de collecte gérés par les communautés.

Des femmes marchent sur de longues distances avec des pots remplis d’eau sur leur tête. La tâche, pénible et chronophage d’aller chercher de l’eau au puits incombe aux femmes du foyer.

Un agriculteur a investi dans un verger aujourd’hui décimé par le manque d’eau. La nécessité d’acheter de l’eau pour irriguer ses champs l’a surendetté au point qu’il considère le suicide comme solution. C’est le choix que font de nombreux agriculteurs et le taux de suicide en milieu rural est élevé. Le reportage met en avant ce phénomène contre lequel luttent des ONG.

Au fil du documentaire plusieurs causes à la crise de l’eau sont identifiées : le climat, l’augmentation de la population, la révolution verte qui a conduit à des besoins accrus de l’agriculture et à des transferts d’eau du Pendjab vers les Etats voisins, la déforestation et l’exploitation des terres. Plusieurs témoignages soulignent la responsabilité des hommes dans cette situation. En conclusion, le film alerte non seulement sur la crise de l’eau en Inde mais aussi sur celle  à venir dans l’ensemble du monde alors que la demande dépasse la ressource disponible.

Evaluation

Parmi les nombreux films qui traitent de l’eau en Inde, celui-ci prend la forme d’une alternance entre des constats généraux alarmistes et l’attention à des situations particulières rencontrées par le journaliste. Il met en scène ses rencontres et les témoignages recueillis en proposant un regard rapproché et compréhensif sur les situations. Le journaliste partage son expérience. Il fait par exemple éprouver au spectateur la difficulté physique de la situation, en se montrant faisant un malaise suite à un « coup de chaleur » lors du tournage. Le contraste est saisissant avec les images qui suivent de femmes qui marchent en portant fermement et élégamment des pots à eau sur leur tête sous la même chaleur. D’autres images sont marquantes : la détresse et les pleurs d’un agriculteur surendetté, celle d’une mère qui peine à pourvoir aux besoins en eau de sa famille ou encore celle de proches de suicidés. Certaines images sont choquantes comme celles de corps (floutés) repêchés dans un canal ou lorsque le documentaire s’attarde sur le témoignage d’un homme qui gagne sa vie en postant sur Internet les photos des cadavres qu’il repêche dans le fleuve si les familles sont prêtes à payer. Considérant en outre le caractère esthétique de nombreux plans (tels une vue aérienne sur des habitants habillés de multiples couleurs et puisant en même temps dans un puits ouverts), ce documentaire ne peut que toucher le spectateur. Il se veut catastrophiste et s’adresse au grand public plutôt qu’aux personnes déjà intéressées par le sujet.

H2Woe met en lumière de manière pertinente  plusieurs enjeux de la gestion de l’eau en Inde, en se centrant sur le manque d’accès à l’eau. Il dépasse le constat du manque d’accès pour mettre en évidence les conséquences dramatiques pour la société, en termes de suicide des agriculteurs ou de charge pour les femmes. Ce dernier point est cependant traité de manière un peu caricaturale à travers le cas un homme qui a été contraint d’épouser plusieurs femmes pour organiser la tâche d’approvisionner en eau le foyer. Au-delà de l’évocation de la pénibilité de cette tâche, l’enjeu des inégalités de genre que cela entraîne aurait mérité d’être explicité. Par exemple, des filles sont souvent déscolarisées pour participer au transport de l’eau. Les passages rapides entre les situations singulières observées et la situation en Inde de manière générale éludent la grande diversité qui existe dans le pays. L’identification des enjeux semble s’être fait au grès des rencontres du journaliste avec le souci d’alerter sur la crise. Alors, certains enjeux sont invisibles, tels que la dégradation générale de la qualité de l’eau ou la pollution (celle par les plastiques est néanmoins bien visible à l’image à plusieurs reprises). De nombreux constats du film restent cependant représentatifs et significatifs (alimentation par tankers, pertinence ces retenues collectives, etc).

Un atout du film est de souligner les causes naturelles aussi bien que celles anthropiques de la pénurie, cela à travers les témoignages. Lors d’une réunion dans un village, un homme insiste sur l’origine humaine de la crise avec en particulier la déforestation. Un représentant d’ONG accuse la révolution verte avec une demande croissante et des transferts d’eau entre les bassins. La politique nationale de l’eau est abordée en fin de documentaire en montrant des infrastructures étatiques à l’abandon (canaux, réservoir). Le documentaire a alors le mérite de mettre en avant les solutions localisées et traditionnelles de stockage de l’eau dans les retenues gérées par les communautés plutôt que les grands projets d’infrastructures.

Au-delà de l’eau, le film met également en évidence d’autres enjeux sociaux en Inde, tels que le suicide des agriculteurs ou la condition des veuves. Concernant le suicide en milieu rural, le film montre bien le défi de produire des statistiques sur le sujet pour objectiver et prendre en charge ce problème.  Il montre le travail d’ONG pour cela, alors qu’elles font face au déni des autorités.

 

English version ------------------------

Synopsis

This documentary deals with the water crisis in Punjab, an agricultural region in northern India. Several cases and testimonies show how water scarcity has become the main problem of the inhabitants and directs their lives.

A village, like many others, depends on tankers for its water supply. The water delivered is rationed and its price is exorbitant for the inhabitants.

A collective water reservoir is no longer sufficiently filled, not only because of a lack of rainfall due to bad monsoons, but also because of the increase in individual agricultural uses upstream, which have diverted water. In another village, shown at the end of the documentary, this type of storage guarantees a minimum access to water. A representative of an association pleads in favour of these traditional community-run collection systems.

Women walk long distances with pots of water on their heads. The painful and time-consuming task of collecting water from the well is the responsibility of the women in the household.

A farmer has invested in an orchard that is now being decimated by a lack of water. The need to buy water to irrigate his fields has over-indebted him to the point that he considers suicide as a solution. This is the choice many farmers make and the suicide rate in rural areas is high. The report highlights this phenomenon against which NGOs are fighting.

Over the course of the documentary, several causes of the water crisis are identified: climate, population growth, the green revolution that has led to increased agricultural needs and water transfers from Punjab to neighbouring states, deforestation and land use. Several testimonies underline the responsibility of men in this situation. In conclusion, the film warns not only about the water crisis in India but also about the one to come in the world as demand exceeds the available resource.

Assessment

Among the many films that deal with water in India, this documentary alternates between general alarmist observations and attention to particular situations encountered by the journalist. He stages his encounters and testimonies by offering a close and understanding look at the situations. The journalist shares his experience. For example, he makes the viewer experience the physical difficulty of the situation, by showing himself feeling uncomfortable following a "heat stroke" during the shooting. The contrast is striking with the following images of women walking with water pots firmly and elegantly on their heads in the same heat. Other images are striking: the distress and tears of an over-indebted farmer, a mother struggling to provide for her family's water needs, or relatives of suicide victims. Some images are shocking, such as those of (fuzzy) bodies found in a canal or when the documentary focuses on the testimony of a man who makes a living by posting on the Internet pictures of the bodies he finds in the river if families are willing to pay. Considering the aesthetic nature of many shots (such as an aerial view of inhabitants dressed in multiple colours and drawing at the same time from an open well), this documentary can only touch the viewer. It is intended to be catastrophic and is intended for the general public rather than those already interested in the subject.

H2Woe pertinently highlights several water management issues in India, focusing on the lack of access to water. It goes beyond the lack of access to highlight the dramatic consequences for society, in terms of suicide of farmers or burden on women. However, this last point is treated in a somewhat caricatural way through the case of a man who was forced to marry several women to organize the task of supplying water to the household. Beyond mentioning the difficulty of this task, the issue of gender inequalities that this entails should have been made explicit. For example, girls are often out of school to participate in water transport. The rapid transitions between the singular situations observed and the situation in India in general evade the great diversity that exists in the country. The issues identified seem to have been based on the journalist's meetings with a view to alerting us to the crisis. Thus, some issues are invisible, such as the general degradation of water quality or pollution (that by plastics is nevertheless clearly visible in the image several times). However, many of the film's findings are significant and the illustrations pertinent (tanker feeding, relevance of small-scale storage, etc.).

One of the film's strengths is to highlight the natural as well as anthropogenic causes of the shortage, through testimonies. During a meeting in a village, a man insists on the human origin of the crisis, in particular the role of deforestation. An NGO representative accused the Green Revolution with increasing demand and water transfers between basins. The national water policy is addressed at the end of the documentary by showing abandoned state infrastructures (canals, reservoirs). The documentary has the merit of highlighting localized and traditional water storage solutions in community-run reservoirs rather than large infrastructure projects.

Beyond water, the film also highlights other social issues in India, such as the suicide of farmers or the condition of widows. Concerning suicide in rural areas, the film clearly shows the challenge of producing statistics on the subject to objectify and manage this problem.  It shows the work of NGOs in this regard, as they face denial from the authorities.

Translated with www.DeepL.com/Translator

 

Audrey Richard

 

 

 

 

Additional Info

  • Producer: Natalya Kadyrova, RTD
  • Language: English
  • Year: 2016
  • Duration (min): 25
  • Theme: Water scarcity, Environmental degradation, Water quality, pollution, Groundwater, Fisheries
  • Access: Free
  • Technical quality: Technical quality
  • Academic interest: Academic interest
  • Societal interest: Societal interest